EDITO
Pas moins de quarante groupes venant de France, des USA, d’Allemagne, de Suisse, d’Angleterre, des Pays-Bas, d’Italie, du Canada, du Pakistan, d’Ecosse, de la République de Tuva… sont au rendez-vous de cette vingt-troisième édition de Jazzdor.
Pas moins de douze créations et premières… Lenin On Tour ou l’improbable road-movie à travers l’Europe des statues de Lénine et de ses compères sur une remorque de camion et mis en musique par le trio Das Kapital, le trio Humair / Kühn / Malaby - difficile de faire mieux - ; LOK 03 avec sur scène la famille Schlippenbach / Takase / DJ Ilvibe sur le film emblématique de l’expressionnisme allemand “Berlin - die Sinfonie der Großstadt“, le quartet de Franck Vigroux / Elliot Sharp / Bruno Chevillon / Joey Baron, Requiem for a Dying Planet avec Ernst Reijseger, Molla Sylla et l’ensemble vocal sarde Cuncordu e Tenore de Orosei sur des images de Werner Herzog ; Bernard Struber et l’OHÉS - pièces pour les quatre-vingt musiciens de l’Orchestre d’Harmonie d’Électricité de Strasbourg -, et puis Soko Steidle, Matthew Bourne, Emmanuel Bex…
Mais encore… Louis Sclavis dans l’Imparfait des Langues, le nouveau trio d’Yves Robert, Christophe Monniot et son Vivaldi Universel qui parle aussi bien aux saisons qu’au compositeur impossible à ignorer même si ringardisé, le Codebook de Rudresh Mahanthappa avec Vijay Iyer - sans doute le groupe de l’année -, the Last Poets - rappeurs avant la lettre et pionniers du spoken word -, le trio de Matthew Shipp en pleine maturité, Asif Ali Khan -élève et héritier assumé du grand chanteur pakistanais Nusrat Fateh Ali Khan : d’accord pas du jazz mais de la transe improvisée -, Django Bates - rare en solo -, le Zapp String Quartet ou comment swingue un quatuor à cordes quand il a entendu aussi bien Bartok que Coltrane…
Comme la répétition est notre plus chère ennemie, quittons alors toute espérance de déjà entendu en passant le seuil de cette page car le monde que nous allons découvrir ici est ouvert sur de nouveaux territoires d’émotions et de sons.
Malraux parlait du choc de l’œuvre. J’y crois. Voir une œuvre, entendre une œuvre peut parfois changer une vie. Même un instant…
Philippe Ochem
Directeur de Jazzdor